La Guerre de Cents Ans.
La Guerre de Cent Ans, qui dura en fait 116ans, se déroula de 1337 à 1453. En réalité, il y eu durant cette période 55 années de guerre et 61 années de trêves. Le terme de Guerre de Cent Ans montre la longueur exceptionnelle de cette guerre, même si l’on ne prend que les années de guerre. La principale cause de cette guerre est une histoire de succession : Le Roi Charles IV, fils de Philippe le Bel, mourrait en 1328 sans laisser de fils au pouvoir. Il y avait dès lors deux prétendants à la couronne de France : Philippe de Valois, cousin de Charles IV et Edouard II d’Angleterre, petit-fils de Philippe le Bel et descendent de Saint-Louis par sa mère Isabelle de France. Selon la loi française de l’époque, qui excluait du trône les femmes et leurs descendants, les barons français choisirent donc Philippe de Valois, qui devint Philippe VI. De plus, les Anglais, à la suite de guerres passées, possédaient la Guyenne ( actuellement Aquitaine ) en France et devaient prêter l’hommage lige au Roi de France pour ces terres, ce que fit Edouard III. Mais ceci, ajouté à des tensions à propos de la Flandre et de l’Ecosse devint un sujet de discorde entre les deux Rois, qui aboutit à une confiscation de ces terres aux Anglais par Philippe VI. Edouard III, après cela, revendiqua le trône de France et renia le serment qu’il avait prêté. Ainsi débuta cette longue guerre.
Edouard III attendit six années avant d’attaquer la France tant celle-ci paraissait puissante. La guerre commença vraiment avec la querelle de succession du duché de Bretagne qui permit à quinze mille soldats anglais de débarquer en France le 11 juillet 1346. Edouard III, après avoir envahi la Normandie, s’approcha de Paris puis remonta le long de la Somme pour faire la jonction avec la Flandre, alors en différent avec Philippe VI, qui s’était alliée aux Anglais. Après une dure bataille, les Anglais franchirent la Somme. Le lendemain, ils campaient à la lisière de la forêt de Crécy, où eu lieu la bataille du même nom le26 août 1346, et où la poudre fit sa première apparition sur les champs de bataille. Cette bataille fut une lourde défaite pour la France, malgré sa supériorité numérique. En effet, l’armée anglaise était mieux organisée, et les archers anglais étaient plus rapides que les arbalétriers français. Après cette victoire, les Anglais mirent le siège devant le port de Calais qui résista pendant onze mois puis capitula en août 1347. Les Anglais consentirent après cela à une trêve. Philippe ViI mourut le 26 août 1350, laissant sa couronne à son fils Jean le Bon. L’épidémie de peste noire qui ravagea l’Europe de 1348 à 1351 prolongea la trêve jusqu’en 1355.
En septembre 1355, le fils aîné d’Edouard III, nommé lui aussi Edouard et surnommé le Prince Noir, débarqua à Bordeaux et se lança dans une expédition éclaire jusqu’à Narbonne et ravagea le Languedoc sans rencontrer de résistance. En avril 1356, il quitta Bordeaux en direction du nord, franchit la Loire puis rebroussa chemin pour échapper à l’armée de Jean le Bon, qui le rattrapa à 8 km au sud de Poitiers le 18 septembre 1356. Là, il tenta de proposer une trêve que Jean le Bon, à la tête d’une armée deux fois plus nombreuse que les Anglais, refusa. La bataille fut encore une cuisante défaite pour les Français, dont les lourds chevaliers durent mettre pied à terre pour pouvoir se battre dans les vignes et furent décimés par les archers anglais. A l’issue de cette bataille, le roi de France, ainsi que de nombreux Français, furent constitués prisonniers. Une trêve fut ensuite signée le 23 mars 1357. Edouard III renonçait à la couronne de France en échange d’un quart du Royaume : Calais, une partie de la côte de Picardie, la Guyenne, le Poitou, le Limousin, le Périgord, le Quercy, l’Agenais, l’Armagnac et le Bigorre, c’est à dire tout le Sud-Ouest. La rançon de Jean le Bon fut fixée à trois millions d’écus, soit deux ans de la recette totale de la monarchie. Le roi fut libéré en 1360, mais comme il ne put s’acquitter de sa dette, il retourna se constituer prisonnier en Angleterre pour libérer les otages gardés par les Anglais. Il y mourut en 1364.
Durant la trêve eurent lieu beaucoup de troubles : paysans et bourgeois mécontents, allant jusqu’à tuer des nobles (Jacquerie), pillage par des mercenaires. Charles V dit le Sage, rétablit les finances de la France en établissant des impôts permanents et chargea Bertrand du Guesclin de mener la guerre contre les Anglais. Ce dernier s’illustra en battant l’armée de Charles le Mauvais, alliée aux Anglais à Cocherel en 1364. Il débarrassa aussi le royaume de France des Grandes Compagnies, armées de soldats anglais comme Français inoccupés qui pillaient les campagnes.
En 1369, à la suite de ravages provoqués à plusieurs reprises par les Anglais dans l’Ouest du royaume, Charles V provoqua la reprise de la guerre, guerre constituée surtout d’escarmouches et de sièges. Lors de cette guerre, les Français reprirent le Rouergue, le Quercy, l’Agenais et le Périgord, puis infligèrent de nombreuses défaites aux Anglais en reprenant le Poitou, la Saintonge et l’Angoumois. Les Anglais conclurent alors à une trêve qui dura jusqu’en mai 1374. Les hostilités reprirent alors mais les Anglais reculaient sur tous les fronts. Des négociations furent alors entreprises lors de la trêve qui dura de 1375 à 1377, mais en vain. Edouard III et son fils, le Prince Noir, moururent à quelques mois d’intervalles, en laissant le pouvoir à Richard II, qui avait dix ans à cette époque. A la fin de l’année 1377, les Français avaient récupéré toutes leurs provinces perdues : les Anglais ne tenaient plus que Calais, Brest, Bordeaux et Bayonne. A la mort de Charles V et de Du Guesclin, en 1380, Ils avaient cependant récupéré bon nombre de forteresse dans le centre du pays.
Le fils de Charles V, Charles VI fut sacré roi à Reims à l’âge de douze ans. Mais ses trois oncles mis en place comme régents s’entendirent pour exercer le pouvoir en commun, écrasant le pays sous de lourds impôts, provoquant le mécontentement du peuple, déjà fort appauvri. Des brigands semaient la terreur dans les bois du Languedoc, ainsi que des soldats français et anglais. En 1388, à vingt ans, Charles VI écarta ses tuteurs du pouvoir et de gouverner à l’aide d’anciens conseillers de son père, qui se révélèrent de véritables réformateurs. Mais en 1392, le roi commença à ressentir des crises de démence. Quand il devint définitivement fou, ses oncles reprirent le pouvoir. Le duc d’Orléans, frère du roi, entra en conflit avec le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, qui le fit assassiner le 23 novembre 1407. La France se retrouva dès lors partagée en deux camps : les Armagnacs et les Bourguignons. Ce conflit fut marqué par des luttes féroces, en particulier à Paris, où les Bourguignons semèrent la terreur, libérant les prisonniers, massacrants les partisans du duc d’Orléans. Jean sans Peur dut cependant précipitamment quitter Paris lorsque les Armagnacs, alliées aux puissants ducs de Berry et de Bourbon reprirent Paris. Une trêve fut conclue en 1414.
En Angleterre, en 1413, Henri IV mourut, laissant son trône à son fils, Henri V. Ce dernier revendiqua toutes les terres qui, selon lui, avaient été arrachées à ses ancêtres. Il débarqua en août 1415 au Chef de Caux à la tête d’une armée de douze mille hommes, s’empara de Honfleur et marcha sur le Nord. L’armée française, composée d’environ vingt mille hommes se lança à sa poursuite et le rattrapa près d’Azincourt, dans une plaine étroite, qui se transforma rapidement en bourbier à cause de la pluie battante. Les chevaliers français durent mettre pied à terre et s’enfonçant dans la boue à cause de leur lourdes armures, furent incapables de manœuvrer et tombèrent encore une fois sous les flèches anglaises. Ce fut donc une défaite française semblable à beaucoup d’autres.
Après cette défaite, les Français se lancèrent à nouveau dans une guerre civile lorsque les Armagnacs furent chassés de Paris par les Bourguignons. Pendant ce temps, les Anglais avaient conquis la Normandie et marchaient sur Paris. Jean sans Peur inquiet, tenta de se rapprocher du dauphin mais fut assassiné le 10 septembre 1419. Henri V entama des négociations avec les Bourguignons qui aboutirent à la signature du traité de Troyes le 25 mai 1420, qui faisait de lui l’héritier du trône de France. A la mort de Charles VI, Henri V était donc roi d’Angleterre, de France et duc de Normandie. Le duc de Bourgogne obtenait la seconde place. Le Dauphin, qui s’était enfui lors de l’arrivée des Bourguignons à paris et qui tenait la France du Centre et du Sud, contesta le traité et tenta de marcher sur Paris. Henri V mourut le 31 août 1422, laissant le pouvoir à son fils de dix-huit mois, Henri. Le Dauphin, réfugié à Bourges, âgé de dix-neuf ans, se proclama roi sous le nom de Charles VII. La France avait donc deux rois.
La guerre reprit en 1423. Les partisans de Charles VII remportèrent une petite victoire sur les Anglais à La Gravelle mais subit une lourde défaite à Verneuil-sur-Avre en août 1424. Le roi français parvint à conclure une trêve avec les Bourguignons mais la guerre avec les Anglais continuait. Ces derniers conquirent le Maine et menaçaient les plaines de la Loire. Le 12 octobre 1428, une armée Anglaise mis le siège devant Orléans. C’est alors qu’arriva Jeanne d’Arc. En 1428, cette jeune Lorraine de seize ans décida, entrainée par des voix d’archanges dans sa tête d’aller voir le capitaine de Vaucouleurs qui, après deux renvoi, lui confia une petite armée. Elle se rendit au château de Chinon, ou résidait le roi et le reconnut parmis plus de trois cent personnes. On lui confia une armée pour délivrer Orléans, ce qu’elle fit en trois jours, le 8 mai 1429, alors que le siège durait depuis sept mois. Après plusieurs victoires sur les villes tenues par les Anglais alentour, elle marcha sur Reims et fit couronner le roi dans la cathédrale le 17 juillet 1429, faisant de lui le roi reconnu. Les Anglais, deux ans plus tard, faisaient couronner le jeune Henri VI à Paris. La France avait toujours deux rois.
Une nouvelle campagne militaire eu lieu. Après de nombreuses victoires, Jeanne la Pucelle marcha sur Paris le 8 septembre 1431, mais la capitale lui résista. Après une suite de petits combats dans la Touraine et le Berry, elle s’empara en novembre 1429 de Saint-Pierre-le-Moûtier. Elle fut ensuite tenue à l’écart après une défaite. En mai 1430, le duc de Bourgogne vint assiéger Compiègne. Jeanne entra dans la ville le 13 mai à la tête d’environ trois cent hommes. Elle tomba aux mains des Bourguignons lors d’une sortie et fut livrée aux Anglais pour dix mille écus. Ces derniers la menèrent à Rouen et lui firent un procès de sorcellerie, afin d’enlever son prestige et de discréditer Charles VII. Après un long procès, elle fut d’abord emprisonnée à vie puis brûlée.
A la suite de cela, une trêve de six ans fut signée entre Charles VII et la Bourgogne le 21 septembre 1435. Charles VII était reconnu roi légitime par les plus puissants princes du royaume. L’Ile-de-France fut rapidement reconquise des Anglais et Charles VII fit une entrée triomphante à Paris en novembre 1437. La reconquête fut lente et difficile mais, pendant la trêve demandée par Henri VI, Charles VII réorganisa son armée et forma une armée permanente de dix à douze mille hommes, renforça son armement en y intégrant des canons montés sur roues et des ancêtres de fusil. A la tête de cette armée, Charles VII reprit la guerre en 1449 et reprit petit à petit tous les territoires conquis. En 1453 ne restait aux Anglais que Calais. Ils la conservèrent jusqu’en 1558. La guerre était finie, mais aucun traité de paix ne fut signé.